Le porche

Publié le par Sevzita

Fichier hébergé par Archive-Host.com

Le soleil d'un dimanche m'a mené jusqu'au village de ce porche. Il y était organisé une brocante où seule l'odeur de la tranquillité émanait.

Ce porche représente plusieurs histoires, qui dépendent des passants qui l'observent. Mon histoire, la voilà !


En 1827, il n'était pas coutume pour une jeune femme de quitter sa maison seule. Joséphine n'avait que faire des bonnes manières, qui selon elle, n'avait que pour intérêt de nuire aux libertés des Hommes. Joséphine avait soif d'évasion tel un explorateur. La difficulté venait de son père qui ne possédait guère les mêmes opinions que sa fille au point d'user quelquefois de la force pour l'en empêcher.

Deux années se sont passées depuis que Monsieur Tilly a quitté la fureur de la ville afin de préserver ses deux filles, Sarah et Joséphine. Deux années se sont passées depuis que Madame Tilly a abandonné sa famille juste après la naissance de Sarah.

Depuis son arrivée au village, Joséphine n'était pas sortie de la demeure familiale hormis pour accompagner Marguerite, leur affectueuse nourrice, vers divers lieux de commissions. Lors d'une de ces exceptionnelles courses, elles se sont rendues chez le menuisier afin de commander la fabrication d'un porche. Monsieur Tilly ne pouvait pas imaginer que son exigence urgente de cloître sa maison conduirait son ainée vers ce qu'il redoutait le plus, son départ précipité.

L'atelier du menuisier se trouvait à quelques pas du logis des Tilly. Joséphine obtenit la permission de son père de suivre la construction du porche jusqu'à sa pose. Monsieur Tilly donnait beaucoup d'importance à l'apprentissage dans l'éducation de ses filles.

Elle s'y renda le jour suivant. Ainsi, elle rencontra Pierre, l'apprenti menuisier en charge du porche. Passionné de son art, il avait une très grande facilité à transmettre ses connaissances de manière ludique pour la jeune femme. Joséphine prenait plaisir à écouter ce jeune homme. Chaque mot prononcé par Pierre était aussi vite compris et appris. Quant à Pierre, il appréciait sa compagnie. Elle avait la patience de comprendre pour mieux mettre en application. Il aimait voir chacune de ses expressions lorsqu'il lui permettait d'oeuvrer. Ainsi, le porche fut construit en un mois.

Joséphine et Pierre exprimaient leur désir de se voir malgré la fin de l'ouvrage. Elle profitait des commissions qu'effectuaient sa nourrice pour retrouver Pierre. Par conséquent, Marguerite devint complice de leur rencontre. Ils se donnaient rendez-vous à la fontaine près de la rivière qui traversait le village. Ils aimaient à se découvrir chaque jour de plus en plus. Les sentiments les rattrapèrent. Pierre, le premier, déclarat à Joséphine son amour pour elle. Elle répondit à sa déclaration en lui accordant un baiser. En effet, ils s'aimaient.

Une année s'est écoulée depuis que le porche fut fini. Les amoureux souffraient de cacher leur amour interdit et envisageaient de fuir ensemble de leur village. Néanmoins, Monsieur Tilly ne resta pas dupe très longtemps. Son ainé avait beaucoup changé. Donc, il s'intérrogea de plus en plus fortement sur les raisons de l'état rêveur de cette dernière. Il décida de mettre fin à ce mystère en suivant Joséphine et sa nourrice pendant une de leurs commissions. Il fut d'abord très surpris lorsque Joséphine quitta Marguerite en chemin pour une autre destination. Il n'imaginait pas encore ce qui l'attendait. Il avait su si bien préserver ses filles de toutes curiosités de ce genre. Alors, lorsqu'il apperçut sa chaire et son sang embrasser un homme, il reçut comme un coup de poignard dans le coeur. Il bondit sur Pierre pour les séparer et giffla sa fille qui, vexée, fuya. Elle fuya et il ne la revit pas.

Monsieur Tilly regretta les exigences qu'il avait eu pour ses filles et accorda beaucoup plus de libertés à Sarah. Jusqu'au jour de sa mort, Monsieur Tilly espèra  le retour de Joséphine en sa demeure.

La petite porte du grand porche resta ouvert à jamais...

Publié dans CuriosHistoires

Commenter cet article